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Contactez-nousLes dépenses de recherche engagées en N-1 peuvent-elles encore ouvrir droit au CIR ? Délais, doctrine fiscale et bonnes pratiques expliqués.
Manager en fiscalité de la recherche – France
Publié le: 16/06/2026
5 minutes de lecture
Le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) constitue l'un des principaux dispositifs de soutien à l'innovation en France.
Pourtant, de nombreuses sociétés passent à côté d'une partie de leurs droits. Certaines découvrent tardivement que des travaux réalisés l'année précédente répondaient bien aux critères du CIR. D'autres n'ont pas eu le temps de constituer leur dossier technique avant le dépôt de leur liasse fiscale.
La question est donc essentielle pour un CEO ou un directeur administratif et financier : est-il encore possible de bénéficier du CIR pour des dépenses engagées au cours de l'exercice fiscal N-1 ?
La réponse est oui, mais elle suppose de respecter des conditions précises et de maîtriser les règles applicables en matière de déclaration fiscale. On fait le point.
Oui. Le CIR est calculé à partir des dépenses de recherche exposées au cours d'un exercice déterminé, conformément à la doctrine fiscale.
Lorsqu'une entreprise n'a pas déclaré tout ou partie de ses dépenses éligibles lors de sa déclaration initiale, elle peut encore solliciter le bénéfice du CIR au moyen d'une déclaration rétroactive, sous réserve que le délai légal ne soit pas expiré.
Retenez bien ceci :
Pour une entreprise clôturant son exercice au 31 décembre, les dépenses de recherche engagées en année N-1 peuvent généralement encore être déclarées jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant leur déclaration fiscale.
Par exemple, des dépenses réalisées en 2024 peuvent, dans la plupart des cas, être régularisées jusqu'au 31 décembre 2027. Passé ce délai, le bénéfice du CIR est perdu.
Le piège des exercices déficitaires
Si l'entreprise était en déficit en 2024 et qu'elle reporte ce déficit, le délai de reprise de l'administration est prolongé. Mais qu'en est-il du délai de déclaration de l'entreprise ? Il est important de rappeler que le délai court à partir de l'année d'exposition de la dépense, peu importe le résultat fiscal.
La possibilité de corriger une déclaration n'est pas illimitée. Les demandes de restitution ou de rectification sont encadrées par les délais de déclaration prévus par le Livre des procédures fiscales.
Ce mécanisme permet ainsi de récupérer un CIR oublié sur un exercice précédent lorsque les conditions sont réunies.
Notre avis Myriad
Toutefois, attendre la dernière échéance constitue rarement une bonne stratégie. Plus le temps passe, plus il devient difficile de reconstituer les éléments scientifiques, les feuilles de temps des chercheurs ou les documents permettant de démontrer la réalité des travaux.
Pour un dirigeant, la réalisation d'un audit des exercices récents peut donc constituer une source de financement immédiate tout en limitant les risques liés à une documentation incomplète.
En clair :
Le fait qu'une dépense soit déclarée après la clôture de l'exercice ne modifie pas sa nature. Elle doit toujours répondre aux critères du CIR.
Peuvent notamment être concernées :
Pour sécuriser votre déclaration, vous devez être capable de reconstituer les temps passés par votre personnel R&D sur les projets de R&D grâce à des preuves matérielles et datées de l'époque :
À l'inverse, les dépenses relevant uniquement de l'amélioration courante d'un produit ou d'une adaptation commerciale demeurent exclues, même si elles ont été oubliées lors de la déclaration initiale.
L'un des principaux écueils rencontrés lors des régularisations concerne la preuve de l'éligibilité.
La doctrine administrative insiste sur la nécessité pour l'entreprise de pouvoir démontrer le caractère scientifique ou technique de ses travaux ainsi que l'existence d'une véritable démarche de recherche.
Cette démonstration repose sur un dossier comprenant notamment :
Une déclaration déposée dans les délais mais insuffisamment documentée reste susceptible d'être remise en cause lors d'un contrôle fiscal.
Cas pratique : L’Entreprise A réalise en 2026 un audit approfondi de ses dépenses de R&D. Elle identifie 100 000 € de salaires d'ingénieurs qui ont été totalement omis lors de sa déclaration fiscale initiale.
Scénario 1 : L'oubli concerne l'exercice 2024 (Dépenses historiques).
Bien que la déclaration soit déposée en 2026 (soit après la réforme fiscale), la loi impose d'appliquer les règles en vigueur l'année de l'engagement des dépenses. L'Entreprise A applique donc le taux de fonctionnement historique de 43 %. L'assiette retenue est de 143 000 €, ce qui génère un gain CIR récupéré de 42 900 € de trésorerie nette.
Scénario 2 : L'oubli concerne l'exercice 2025 (Dépenses après le 15 février).
Si ces mêmes salaires ont été engagés après l'entrée en vigueur de la réforme, c'est le nouveau forfait de 40 % qui s'applique. L'assiette retenue tombe à 140 000 €, générant un gain CIR de 42 000 €.
Cet exemple démontre parfaitement la règle d'or de la rétroactivité : ce sont les règles de l'année de la dépense qui s'appliquent, et non celles de l'année de la déclaration. L'Entreprise A récupère ainsi l'intégralité de son cash sur la base des taux les plus avantageux de l'époque.
Lorsqu'une entreprise dépose une déclaration rectificative, elle ne doit pas appliquer les règles en vigueur au moment de cette régularisation, mais celles applicables à la date à laquelle les dépenses ont été engagées.
Concrètement, pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025, plusieurs catégories de dépenses ne sont plus éligibles, notamment les dépenses de veille technologique, les frais liés aux brevets ainsi que le dispositif de majoration des dépenses de personnel relatives aux jeunes docteurs. Par ailleurs, le forfait de dépenses de fonctionnement calculé sur les dépenses de personnel est passé de 43 % à 40 %.
À l'inverse, une entreprise qui régularise aujourd'hui un CIR relatif à un exercice antérieur au 15 février 2025 doit appliquer les règles en vigueur à cette période. Elle peut donc, lorsque les conditions étaient réunies, valoriser des dépenses qui ne seraient plus éligibles aujourd'hui.
De nombreuses entreprises n'identifient leur éligibilité au CIR qu'après la clôture de leurs comptes.
Les équipes techniques n'ont pas toujours conscience que leurs travaux relèvent de la recherche au sens fiscal, tandis que les directions financières privilégient souvent une approche prudente en l'absence de dossier scientifique suffisamment documenté.
Un audit rétrospectif permet de rapprocher les travaux réalisés des critères du CIR et d'identifier des dépenses qui n'ont jamais été valorisées.
Une fois la déclaration validée par l’administration fiscale, la question cruciale pour votre trésorerie est de savoir quand et comment l'argent va arriver sur votre compte bancaire. Le mode de récupération dépend directement du statut de votre entreprise :
En parallèle de votre réclamation, vous devez joindre une demande de remboursement de crédit d'impôt (formulaire n° 2573-SD). L’administration vous versera directement le montant validé par virement bancaire, généralement sous quelques semaines à quelques mois selon la complexité du dossier.
À noter
Même si vous êtes une grande entreprise, cette créance de CIR à venir n'est pas "gelée" pendant 3 ans. Elle possède une valeur financière réelle et peut, dans certains cas, être cédée à un établissement bancaire pour obtenir une avance de trésorerie immédiate.
Une idée reçue consiste à croire que la déclaration rétroactive n'est possible que pour corriger une erreur à la marge, par exemple pour ajouter quelques factures oubliées à un dossier CIR déjà déposé.
C'est faux. La déclaration rétroactive est parfaitement légitime même si vous n'aviez absolument pas déclaré de CIR sur l'année concernée.
Fiscalement, l'administration traite ces deux situations de la même manière :
Dans les deux cas, le droit à l'erreur s'applique pleinement. La seule différence réside dans la posture de l'administration fiscale : partir d'une page blanche pour un exercice passé déclenchera une analyse rigoureuse de votre dossier. Il est donc d'autant plus crucial de bâtir un dossier technique et financier d'une solidité irréprochable.
Non. Elles doivent répondre aux critères définis par le Code général des impôts et être justifiées par une documentation scientifique et financière suffisante.
Oui, sous réserve que le délai de déclaration prévu par la réglementation fiscale ne soit pas expiré.
Non. Les dépenses doivent être analysées au regard des dispositions applicables à la date à laquelle elles ont été exposées.
Une régularisation n'entraîne pas automatiquement un contrôle. En revanche, elle doit être accompagnée d'un dossier technique et financier suffisamment robuste pour justifier les dépenses déclarées.
Parce qu'il permet d'identifier des dépenses de recherche non valorisées, d'améliorer la trésorerie de l'entreprise et de renforcer la sécurisation des futurs dossiers de CIR.
Les dépenses de recherche engagées au cours de l'exercice fiscal N-1 peuvent encore ouvrir droit au Crédit d'Impôt Recherche lorsqu'elles n'ont pas été déclarées initialement et que le délai de réclamation reste ouvert. Pour les dirigeants, cette possibilité représente un levier financier souvent sous-estimé, à condition de disposer d'une documentation scientifique et comptable solide.
Les entreprises qui sécurisent durablement leur périmètre consultants ont simplement pris l’habitude d’archiver ce qu’elles font déjà. Si vous souhaitez vérifier la solidité de votre dossier ou sécuriser votre prochain CIR, contactez nos experts pour un diagnostic gratuit et confidentiel.
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