Nous contacter
N’hésitez pas à nous contacter pour échanger et voir comment Myriad Consulting peut optimiser et sécuriser vos opportunités de financement R&D.
Contactez-nousSubventions publiques et CIR/CII : devez-vous les déduire de l’assiette ? Règles officielles, exemples concrets et risques fiscaux pour CEO et CFO.
Manager en fiscalité de la recherche – France
Publié le: 19/02/2026
5 minutes de lecture
« Nous avons perçu plusieurs aides cette année. Est-ce que cela réduit notre CIR ? » C’est une question que les directeurs financiers formulent presque toujours ainsi : « On a sécurisé 500 000 € d’aides publiques. Est-ce que cela va mécaniquement réduire notre Crédit d’Impôt Recherche ? ». Si vous êtes CEO ou CFO d’une entreprise innovante, le sujet n’est pas théorique. Il impacte directement :
La réponse est structurée. Elle repose sur un principe simple, mais son application exige une lecture précise des textes et des conventions d’aide.
Le fondement légal du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) est fixé par l’article 244 quater B du Code général des impôts.
La doctrine administrative précise que les subventions publiques doivent être déduites de l’assiette lorsqu’elles financent des dépenses éligibles. Cette position est explicitée dans le BOFiP – Subventions publiques à déduire de l’assiette du CIR.
Le raisonnement de l’administration est constant : une même dépense ne peut pas être financée deux fois par des fonds publics.
Si l’État participe déjà au financement d’une charge via une subvention, il ne peut pas en plus accorder un crédit d’impôt sur cette même base brute.
Pour une direction financière, cela signifie que tout le montant des dépenses R&D ne peut pas être systématiquement pris en compte, si une partie des travaux est financée par une subvention.
Non. Le Crédit d’Impôt Innovation suit le même mécanisme de calcul. Les modalités sont détaillées dans le BOFiP - Crédit d’Impôt Innovation.
Qu’il s’agisse :
Le principe de déduction des subventions est identique. Il n’existe pas de régime plus souple pour le CII.
Beaucoup d’entreprises pensent uniquement aux aides régionales. En pratique, le périmètre est plus large.
Sont concernées :
Le traitement des avances est précisé dans le BOFiP - Subventions et avances remboursables impactant l’assiette du CIR.
En revanche :
Il ne faut donc pas raisonner par financeur mais par nature de dépenses. Une aide régionale peut ne pas être déductible si elle finance un investissement productif. Une aide nationale peut devoir être déduite si elle finance des travaux de recherche.
La clé d’analyse reste la qualification R&D des charges financées.
En contrôle fiscal, la discussion ne porte pas sur l’existence d’une aide. Elle porte sur son affectation.
Une subvention est dite affectée lorsqu’elle finance un projet identifié avec :
Dans ce cas, la déduction est obligatoire.
L'entreprise A engage 800 000 € de dépenses éligibles au CIR. Elle reçoit 250 000 € d’aide régionale explicitement affectée au projet. L’assiette CIR doit être ramenée à 550 000 €.
Même si la subvention ne couvre qu’une partie des dépenses, la réduction est proportionnelle. À l’inverse, une subvention peut être considérée comme non affectée si elle soutient globalement l’activité de l’entreprise sans fléchage précis.
Exemple :
Entreprise B perçoit une aide forfaitaire de soutien à l’innovation sans ventilation budgétaire. Elle peut soutenir que l’aide n’est pas directement liée aux dépenses CIR, à condition de pouvoir démontrer l’absence de lien direct.
Dans cette situation, la documentation est déterminante.
Le contrôleur examinera :
Dans la majorité des cas, oui. Les aides Bpifrance sont généralement accordées pour un projet précis avec un budget structuré. Elles sont donc qualifiées d’aides affectées. Il est rare qu’une aide Bpifrance soit totalement dissociée d’un projet identifié.
Pour un CFO, cela signifie que toute aide Bpifrance doit déclencher un réflexe immédiat : vérifier l’impact sur l’assiette CIR ou CII. Juste après l’énumération des types de financements Bpifrance, ajouter :
Il est donc inexact d’affirmer que « les aides Bpifrance doivent être déduites ». Certaines aides Bpifrance n’ont aucun lien avec la R&D au sens fiscal.
La déduction ne s’impose que si la convention d’aide finance des dépenses que l’entreprise a intégrées dans son assiette CIR ou CII.
Si l’aide finance :
elle n’a pas à être déduite de l’assiette du crédit d’impôt.
Le traitement est souvent mal compris. Tant qu’une avance remboursable n’est pas remboursée, elle est assimilée à une subvention.
Elle doit donc être déduite l’année de son encaissement.
Exemple : L’entreprise C reçoit 400 000 € d’avance remboursable pour un projet de recherche. Elle déclare 1 000 000 € de dépenses éligibles au CIR. L’assiette est ramenée à 600 000 € tant que l’avance n’est pas remboursée.
Lorsque l’avance est remboursée, le montant de celle-ci est réintégré dans l’assiette des dépenses éligibles.
La règle est simple : la doctrine administrative (BOFiP BOI-BIC-RICI-10-10-30-20) précise que cette déduction s'applique dès les premières dépenses engagées sur le projet, jusqu'à concurrence du montant perçu, sans attendre une déclaration ultérieure.
En pratique, les erreurs de rattachement sont fréquentes lorsque les aides sont versées en plusieurs tranches.
Pour un CFO, le risque est de surévaluer le CIR sur un exercice et d’exposer l’entreprise à une reprise ultérieure.
Entreprise D développe un nouveau dispositif médical. Elle engage des dépenses de prototype éligibles au CII et des dépenses d’industrialisation non éligibles. Une subvention régionale finance l’ensemble du projet.
Dans ce cas :
La ventilation doit être rationnelle, documentée et cohérente avec la comptabilité analytique.
Les subventions sont facilement traçables :
En cas de contrôle fiscal, l’administration peut :
Les modalités de contrôle sont détaillées dans le BOFiP – Contrôle du crédit d’impôt recherche.
Pour un dirigeant, le risque n’est pas seulement financier. Il est également réputationnel.
Un redressement significatif peut fragiliser :
Une approche rigoureuse repose sur cinq étapes :
La question à se poser est simple :“Si l’administration croise nos conventions d’aide avec notre dossier CIR, l’histoire est-elle parfaitement cohérente ?”
Le traitement des subventions dans un dossier CIR ou CII n’est pas un détail technique réservé aux fiscalistes. Il s’agit d’un sujet stratégique pour tout CEO ou CFO d’une entreprise innovante. Un crédit d’impôt correctement articulé avec les aides publiques constitue un levier de financement solide et défendable.
Un crédit d’impôt mal structuré peut devenir une source de risque fiscal significatif plusieurs années après son encaissement.
Vous souhaitez vérifier si vos projets sont éligibles ? Contactez nos experts pour un diagnostic CIR gratuit et confidentiel, ou lisez notre ebook CIR pour mieux comprendre.
Nous organisons un webinar sur le sujet le 30 mars, de 10h à 10h45. Inscrivez-vous ici : Webinaire CIR - Les fondamentaux du Crédit Impôt Recherche (CIR) |
Subventions publiques et CIR/CII : devez-vous les déduire de l’assiette ? Règles officielles, exemples concrets et risques fiscaux pour CEO et CFO.
CIR internalisé ou externalisé : quelle stratégie choisir pour votre entreprise ? Avantages, coûts, risques fiscaux et critères de décision pour dirigeants.
Faut-il déduire les aides Bpifrance de l’assiette du CIR ? Analyse juridique et financière après Conseil d’État 2023, TA Paris 2026 et loi de finances 2025.
N’hésitez pas à nous contacter pour échanger et voir comment Myriad Consulting peut optimiser et sécuriser vos opportunités de financement R&D.
Contactez-nous