Évolutions du CIR et du CII : quels impacts financiers en 2026 ?

CIR et CII évoluent : découvrez comment ces changements influencent la stratégie financière des CFO et CEO et les décisions d’investissement R&D.

Olivier Equey

Manager en fiscalité de la recherche – France

Publié le: 28/01/2026

5 minutes de lecture


« Nous avons construit notre trajectoire R&D en intégrant le CIR et le CII, mais les règles évoluent plus vite que nos cycles d’investissement. Comment continuer à décider sereinement ? » La question est légitime dans la bouche d’un dirigeant. 

En 2026, le sujet n’est plus uniquement le montant du crédit d’impôt, mais la capacité à modéliser un coût net de R&D fiable, défendable et pilotable. Les évolutions récentes réduisent la part automatique du soutien fiscal et renforcent les exigences de cohérence entre assiette, aides publiques et documentation.

Pourquoi les évolutions du CIR et du CII sont-elles avant tout un sujet de stratégie financière ?

Pour un CFO ou un CEO, le CIR et le CII constituent des leviers de financement indirect qui influencent directement :

  • le budget R&D annuel et la trajectoire pluriannuelle,
  • l’arbitrage entre développement interne, sous-traitance et partenariats,
  • la structuration des équipes techniques,
  • les discussions avec investisseurs, banques et actionnaires,
  • la trajectoire de trésorerie et le calendrier de restitution.

En 2026, l’enjeu n’est donc plus d’optimiser marginalement, mais de piloter l’incertitude. Le CIR et le CII doivent être intégrés comme des leviers conditionnels tant que l’assiette et la justification ne sont pas sécurisées. Les fiches institutionnelles de référence sont disponibles sur la page Crédit d’impôt recherche (CIR) et la page Crédit d’impôt innovation (CII).

Quelles sont les évolutions structurantes du Crédit d’Impôt Recherche à intégrer dans un modèle financier 2026 ?

Le CIR reste le socle du soutien public à la R&D, mais son rendement effectif diminue sous l’effet de plusieurs ajustements.

Pourquoi la baisse du forfait de fonctionnement modifie-t-elle immédiatement le coût net de la R&D ?

Le taux forfaitaire appliqué aux dépenses de personnel de recherche passe de 43 % à 40 % pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025, comme précisé dans l’actualité BOFiP ACTU-2025-00105.

À masse salariale R&D constante, la base de calcul diminue mécaniquement.

Exemple AUne entreprise disposant de 2 M€ de dépenses de personnel R&D éligibles perd 60 k€ de base (3 %), soit environ 18 k€ de CIR à taux de 30 %, sans aucun changement de périmètre de projets.

Pour un CFO, ce delta doit être intégré dès la construction budgétaire, car il est purement mécanique.

Pourquoi la suppression de certaines dépenses périphériques doit-elle être traitée comme un arbitrage économique ?

La veille technologique et certains frais liés à la propriété intellectuelle sortent du périmètre. La référence demeure l’article 244 quater B du Code général des impôts, qui définit strictement les catégories de dépenses éligibles.

Exemple BUn poste de veille auparavant intégré dans un ROI projet doit désormais être financé autrement ou rephasé. La question devient économique : ce coût est-il indispensable au go/no go du projet ?

Pourquoi la fin du levier « jeune docteur » change-t-elle l’équation RH ?

La suppression du mécanisme de doublement n’empêche pas l’éligibilité des salaires, mais supprime un accélérateur fiscal. Les ajustements sont rappelés dans l’actualité BOFiP ACTU-2025-00105.

Pour un CFO, le recrutement d’un docteur doit désormais être justifié par son impact opérationnel, et non par un avantage fiscal additionnel.

Pourquoi la clarification sur les subventions renforce-t-elle les exigences de gouvernance ?

Les aides à déduire doivent être directement liées à des opérations ouvrant droit au CIR. Cette clarification impose une lecture analytique et non plus uniquement comptable des subventions, en cohérence avec la doctrine fiscale et le CGI.

Un registre structuré aides / projets / périodes devient un outil de pilotage financier à part entière.

Pourquoi le Crédit d’Impôt Innovation doit-il être géré comme un amortisseur projet ?

Le CII est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, mais son taux est abaissé de 30 % à 20 % pour les dépenses engagées à compter du 1er janvier 2025, comme rappelé par la synthèse publiée sur le site du ministère de l’Économie.

Exemple AUn projet prototype de 400 k€ générait 120 k€ de CII à 30 %. À 20 %, le soutien tombe à 0 k€. Le différentiel doit être absorbé par du rephasage, des subventions complémentaires ou du financement privé.

Le CII devient un amortisseur de risque, plus qu’un pilier structurel de rentabilité.

Points clés à retenir

  • Le CIR demeure un pilier du financement de la R&D, mais son rendement effectif baisse à assiette constante. À effort de recherche identique, le montant de crédit d’impôt généré diminue sous l’effet du resserrement progressif des règles de calcul. Les projections financières doivent donc être recalibrées à partir des paramètres actuels, sans extrapoler les niveaux de soutien observés les années précédentes.
  • La baisse du forfait de fonctionnement a un impact mécanique sur le crédit généré. Ce paramètre, indépendant de la qualité des projets, réduit automatiquement la base de calcul liée aux dépenses de personnel. Il doit être intégré comme une variable structurelle dans les modèles financiers, au même titre que l’évolution de la masse salariale ou des charges sociales.
  • Le CII est prolongé, mais son effet de levier financier est plus limité qu’auparavant. Il conserve son intérêt pour accompagner des phases de prototypage ou de développement produit, mais ne peut plus, à lui seul, sécuriser la rentabilité d’un projet innovant. Les business cases doivent rester viables hors avantage fiscal.
  • Les décisions d’investissement doivent être prises indépendamment de l’optimisation fiscale, puis sécurisées dans un second temps. Le CIR et le CII doivent être considérés comme des leviers conditionnels, mobilisables uniquement lorsque les conditions d’éligibilité et de justification sont réunies, afin d’éviter des arbitrages fondés sur des hypothèses incertaines.
  • La documentation et la gouvernance R&D deviennent des outils de pilotage financier. Le suivi du temps, la traçabilité des dépenses et le rattachement des aides publiques aux projets conditionnent la sécurisation des crédits d’impôt. Pour un CFO ou un CEO, ces éléments participent directement à la maîtrise du risque, à la fiabilité des prévisions de trésorerie et à la crédibilité de la stratégie R&D.
  • Lisez nos template CII et template CIR, et l’ebook CII et ebook CIR. 

En 2026, l’enjeu pour un CFO ou un CEO n’est plus de maximiser CIR et CII, mais de fiabiliser le coût net de la R&D. Intégrer les nouvelles règles dans les modèles financiers, piloter les aides publiques et structurer la documentation permet de sécuriser les décisions d’investissement, de préserver la trésorerie et de réduire le risque en cas de contrôle.

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